Blog · Organisation de l'agence

· 6 min de lecture

Interroger les projets passés de l'agence avec l'IA : chaque réponse cite sa source

Un assistant d'IA peut chercher dans les anciens projets de l'agence : un détail, une note technique, une clause de contrat, une référence. Il répond en citant le document et la page. S'il ne trouve rien, il écrit « non trouvé ». Vous choisissez ce qu'on lui confie, et vous vérifiez à la source avant de réutiliser.

Rayonnages de classeurs de projets dans une agence, un ordinateur portable ouvert sur la table devant.
Illustration générée par IA.

Où l'assistant doit-il chercher, et que doit-il rendre ?

Dans les dossiers que l'agence lui a confiés (projets, contrats, notes techniques), et seulement là. Chaque réponse nomme le document, la page et la date du document.

Question qu'on poseOù l'assistant doit chercherCe qu'il doit rendre, avec la source
Comment avons-nous traité ce détail ?Les plans de détail, les notices et les notes techniques des projetsLe passage ou la planche concernés, avec le projet, le fichier et la page. Pour un dessin, il renvoie à la planche, que vous ouvrez
Quelle note technique avons-nous écrite sur ce sujet ?Le dossier des notes techniques de l'agenceLes notes qui traitent du sujet, chacune avec son titre, sa date et la page du passage, cité tel quel
Que dit le contrat sur ce point ?Les contrats et leurs avenantsLa clause mot pour mot, avec le contrat, l'article et la page. Une reformulation peut changer son sens
Quelles références avons-nous pour ce programme ?Les fiches de projet : programme, commune, surfaces, année, rôle de l'agenceLes projets qui correspondent, chacun avec sa fiche et la pièce qui porte chaque donnée. Une donnée absente s'écrit « non trouvé »
Quelle surface, quel montant, quelle date pour ce projet ?La fiche du projet, puis les pièces qui répètent la donnéeToutes les valeurs trouvées, chacune avec sa pièce et sa date. Si elles divergent, l'assistant le dit, et c'est vous qui tranchez

Pourquoi exiger la source et le « non trouvé » ?

Un modèle d'IA peut répondre même quand vos documents ne contiennent pas la réponse. Selon la CNIL, un modèle génératif n'est pas une base de connaissances : son résultat peut être inexact tout en paraissant plausible. Pour choisir un système, elle conseille de privilégier, entre autres, ceux qui citent leurs sources. Relier un modèle à vos propres documents (un RAG) rend aussi ses réponses plus traçables. Trois règles en découlent.

  • Chaque montant, date, surface ou clause porte son document et sa page.
  • Ce qui n'est pas dans les sources s'écrit « non trouvé » plutôt qu'une estimation.
  • Un « non trouvé » dit où l'assistant a cherché : quels dossiers, quels mots. Un fichier qu'il n'a pas pu lire, comme un scan sans texte, s'écrit « non lu ». Sinon, un fichier illisible passe pour une absence.

Que confier à l'assistant, et que lui refuser ?

Confiez-lui des dossiers choisis un à un, rangés et relus. Refusez-lui les données personnelles qui ne servent à aucune question et les dossiers sous confidentialité.

  • Les données personnelles. Coordonnées des clients particuliers, noms et numéros des interlocuteurs. Selon la CNIL, le principe de minimisation limite la collecte aux seules données strictement nécessaires à l'objectif. Elle précise que l'organisme qui relie un modèle à ses propres documents est responsable de ce traitement dès qu'ils contiennent des données personnelles.
  • Les dossiers sous confidentialité. L'Ordre rappelle que l'article 14 du code de déontologie soumet l'architecte à une stricte obligation de secret professionnel. Il range parmi les données sensibles les plans de prisons, les infrastructures critiques et les projets stratégiques. Listez une fois les projets sensibles ou couverts par une clause de confidentialité, et gardez-les hors du périmètre : ce qui n'est pas confié ne peut pas être cité.

Où partent vos documents, et qui peut les voir ?

Selon l'outil d'IA choisi, ce que vous confiez peut quitter l'agence. Pour de la documentation sensible ou stratégique, la CNIL juge généralement plus sûr un déploiement sur site, c'est-à-dire sur vos propres machines. Avec un service hébergé chez le fournisseur, elle demande un contrat qui fixe les responsabilités et les accès autorisés. L'Ordre précise que l'architecte doit s'assurer que l'outil respecte les exigences contractuelles de confidentialité.

En interne, la CNIL attend une gestion stricte des habilitations et des droits d'accès : l'assistant ne devrait montrer à chacun que ce qu'il pourrait déjà ouvrir. La charte IA de l'agence dit qui confie quoi, et à quel outil.

Que vérifie l'architecte avant de réutiliser une réponse ?

Il ouvre le document à la page citée et lit le passage lui-même. La décision de réutiliser lui revient. Premier principe posé par l'Ordre : l'architecte reste pleinement responsable des productions issues de son agence, y compris celles réalisées avec l'appui d'une IA. La CNIL va dans le même sens : ne jamais reproduire telle quelle la sortie d'un système d'IA.

  • Le passage. Dit-il ce que la réponse affirme ? Lisez une clause en entier, pas la seule phrase citée.
  • La date. Une note ou un détail ancien a pu être écrit pour une règle qui a changé depuis. La date du document figure dans la réponse.
  • Le contexte. Un projet passé avait son site, son programme, son règlement et son client. Le reprendre dans un nouveau projet est un choix de conception : il vous revient, comme partout dans l'IA en architecture.
  • Le « non trouvé ». L'assistant n'a cherché que dans ce qu'on lui a confié. Cherchez ailleurs avant de conclure qu'une information n'existe pas.

Par où commencer ?

Par vos dossiers : la qualité des réponses ne dépasse pas celle des dossiers. Prenez quelques projets terminés que vous connaissez bien.

  1. Ranger. Un dossier par projet, nommé par l'année de livraison, la commune et le type de projet. Une fiche par projet : programme, rôle de l'agence, montants, dates, chaque donnée avec sa pièce source.
  2. Demander l'inventaire. Avant toute question, l'assistant dit ce qu'il a reçu : dossiers lus, fichiers illisibles, pièces manquantes, valeurs qui se contredisent. Vous tranchez chaque contradiction, et la valeur retenue s'écrit dans la fiche, avec sa source.
  3. Tester. Posez des questions dont vous connaissez la réponse. Ajoutez trois pièges : une information absente de tous les dossiers (attendu : « non trouvé »), une valeur qui diffère d'un document à l'autre (attendu : les deux, citées), une clause (attendu : mot pour mot).
  4. Noter chaque erreur. Une ligne dans un journal : ce qui était faux, ce que l'assistant fera désormais. Une personne nommée valide chaque ligne, et l'assistant relit le journal avant de répondre. Sans personne nommée, le journal s'allonge sans rien changer.

Passez ensuite aux autres projets, en vérifiant chaque réponse à la source.

Sources

Ce que cet article ne promet pas

Aucun gain de temps chiffré. Rien n'est mesuré à ce jour.

Pas un conseil juridique. Nous sommes étudiants en master d'architecture et n'exerçons aucune mission réglementée. Pour le secret professionnel, la référence est l'Ordre. Pour vos données personnelles, adressez-vous à la CNIL ou à un juriste : nous résumons les pages citées, relues le 3 octobre 2026.

Une méthode non mesurée. Elle vient de nos règles internes de construction d'un assistant d'agence et des sources citées. Nous n'annonçons aucun taux de réponses exactes. Si une ligne vous paraît fausse, dites-le-nous.

Un point de vue. Archi IA intègre l'IA dans les agences : nous avons un intérêt dans le sujet, d'où les sources citées.

Écrit par Archi IA, à partir des sources citées.

La suite

Pour mettre cet assistant en place sur les projets de votre agence, nous commençons par un diagnostic gratuit de 30 minutes sur cette tâche.

Lire aussi