Blog · Images et rendus
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Visite virtuelle d'un projet avec l'IA : une personne générée l'habite avant le chantier
Une personne générée par IA peut traverser votre projet, y parler et s'en servir avant le chantier. Voici la méthode de notre essai, ce qui a raté, ce que cela a coûté et ce qui reste à l'architecte.
Qu'est-ce qu'une visite virtuelle habitée avec l'IA ?
Une visite habitée est une courte vidéo où une personne générée par IA marche dans votre projet déjà conçu, y parle et s'en sert. Le guide en décrit une d'environ vingt-cinq secondes : trois plans générés où la personne parle et vit, six images du projet animées au montage.
Un client ou un acquéreur ne lit pas un plan. Devant une perspective, il voit un décor vide. Quand quelqu'un ouvre la baie ou se laisse tomber sur le lit, le client voit l'échelle et l'usage, et peut se projeter.
Comment produire une visite habitée, et qu'est-ce qui marche ?
Six étapes mènent du visage au montage, et la plus décisive est le décor. Une personne qui reste la même dans une maison qui change à chaque plan donne une vidéo inutilisable.
- Le visage. Décrivez-le comme la légende d'une photo prise au téléphone : appareil nommé, défaut assumé, fond banal. S'il a l'air d'une photo, la vidéo reste crédible.
- La planche. Le même visage de face et de profil, puis le corps entier, tête coupée sur la vue en pied. Avec deux têtes de tailles différentes, le modèle vidéo peut prendre la petite pour référence, et le visage sort lissé, plastique.
- Le décor. Un paragraphe décrit votre projet (matériaux, menuiseries, orientation, lumière) et se recopie mot pour mot dans chaque consigne (le « prompt »). Joignez vos perspectives ou photos de maquette : le modèle s'y accroche mieux qu'à une description. Les rendus de notre book partent aussi de maquettes.
- Les images de départ. Une par plan, la personne déjà dans la bonne pièce, à l'instant d'avant le geste. Le modèle vidéo n'a plus à inventer l'architecture, seulement à la faire vivre.
- Les vidéos. Quatre à six secondes par plan, quinze mots au plus pour cinq secondes de parole. En fin de consigne, des interdits d'architecture : murs fixes, menuiseries intactes, lignes droites.
- Le montage. Les plans générés portent la parole. Vos images fixes, animées d'un glissement, font le reste sans déformer l'architecture. Les textes se posent ici, car un modèle qui écrit dans l'image invente des lettres.
Qu'est-ce qui rate ?
Cinq choses ont raté lors de notre essai, et chacune a sa réparation.
- La voix sort avec un accent étranger. On refait la piste avec un modèle de voix, puis on la cale sur les lèvres au montage.
- Un mot est avalé. On fait porter la phrase exacte par le sous-titre.
- La chute manque le lit. On montre le contact avec le meuble sur l'image de départ, pas la proximité.
- Les murs bougent. On verrouille l'image de départ, on ajoute les interdits d'architecture, on raccourcit les mouvements de caméra.
- Le changement de plan demandé ne se fait pas. On garde la partie propre du plan et on coupe au montage.
Combien coûte une visite habitée ?
Lors de notre essai des 21 et 22 septembre 2026, quinze secondes de vidéo générée ont consommé 105 crédits, sur les 110 de l'essai de trois jours.
| Crédits | Poste |
|---|---|
| 0,48 | Quatre visages de personnage |
| 35 | Plan d'intro parlé, 5 s |
| 42 | Plan de fin parlé, 6 s |
| 28 | Chute sur le lit, 4 s, deux angles |
| 1,20 | Deux pistes de voix de synthèse |
| 106,68 | Total |
Visages avec Soul 2.0, vidéos avec Seedance 2.5 en 720p, sur la plateforme Higgsfield. La planche et les images de départ, faites dans ChatGPT, n'ont consommé aucun de ces crédits.
Ces montants datent de l'essai et ne sont pas des prix actuels : le 22 septembre 2026, une vidéo en 720p coûtait 7 crédits la seconde. Demandez le coût avant chaque lancement : l'outil l'affiche sans rien dépenser. Annulez le renouvellement automatique dès le premier jour, sinon l'essai devient un abonnement.
Le piège le plus cher est de générer une vidéo pour découvrir un défaut déjà visible sur l'image de départ. Une image ratée ne coûte aucun crédit, une vidéo ratée en coûte de 28 à 42. Relisez chaque image avant de payer une vidéo.
Que reste-t-il à l'architecte ?
La conception, la fidélité au projet et la responsabilité de ce qu'on montre.
- La conception. Le parti, le dessin et les arbitrages précèdent la première image. La personne générée apporte l'échelle humaine et l'usage, sans ajouter une idée ni une décision.
- La fidélité. Une image générée peut s'écarter du projet : proportions, hauteurs, matériaux. Quand la caméra voyage, le modèle réinvente les murs, et cela nous est arrivé. Comparez chaque image de départ à vos plans et à votre maquette. La visite reste une illustration, jamais une pièce de concours, une preuve réglementaire ou un document contractuel.
- La responsabilité. Selon l'Ordre des architectes, diffuser des rendus créés par IA sans les vérifier pourrait constituer une faute déontologique.
Comment dire au client que l'image est générée ?
Dites-le dès la première image, à l'écran et dans le document qui l'accompagne. Écrivez par exemple « Visite générée par IA ».
Selon l'Ordre des architectes, l'architecte doit informer son client lorsque l'IA a contribué à la conception (article 12 du code de déontologie). Une visite habitée ne conçoit rien, mais elle montre le projet.
Le règlement européen sur l'IA pose aussi une règle de transparence (article 50, applicable depuis le 2 août 2026). Un professionnel qui utilise une IA pour produire un « hypertrucage » (deepfake) doit indiquer que le contenu est généré par une IA. Un hypertrucage est une image, un son ou une vidéo générés par IA. Il ressemble à des personnes, des objets, des lieux ou des événements existants et peut passer à tort pour authentique.
Une visite de votre projet sur son vrai terrain peut en être un. Nous ne sommes pas juristes : dans le doute, signalez-le.
Si vous créez le visage à partir de la photo d'une vraie personne, demandez-lui son accord : la CNIL rappelle que chacun a sur son image un droit exclusif et absolu.
Gardez aussi vos consignes, qui peuvent servir de preuve en cas de litige selon l'Ordre. Notre page de référence sur l'IA en architecture détaille les trois gestes de base : relire, informer, garder les consignes.
Sources
- Archi IA, Faire visiter un projet qui n'existe pas encore, guide de 42 pages, essai des 21 et 22 septembre 2026.
- Union européenne, règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle, version consolidée du 27 juillet 2026 (articles 3, 50 et 113), lue le 3 octobre 2026.
- Ordre des architectes, L'IA dans les agences, opportunité et défi déontologique, 17 juin 2026, lu le 3 octobre 2026.
- CNIL, Le droit à l'image s'applique-t-il sur internet ?, lue le 3 octobre 2026.
Ce que cet article ne promet pas
Aucun résultat mesuré. Nous ne savons pas combien de vues, de messages ou de rendez-vous une visite habitée apporte, ni combien de temps elle fait gagner.
Un seul essai. Il porte sur une maison dont nous avions déjà les images, pas sur le projet d'un client.
Pas un conseil juridique. Nous résumons des textes officiels : pour votre cas, demandez à un juriste.
Un point de vue. Archi IA intègre l'IA dans les agences : nous avons un intérêt dans le sujet, d'où les sources citées.
Écrit par Archi IA, à partir des sources citées.
La suite
Le guide complet est gratuit et part par e-mail. Ses 42 pages donnent les prompts en entier, le compte réel et les pannes avec leur réparation.